Qui est le bienheureux Georges Girault ?

Jeunesse et formation

Georges Girault est né le 14 Janvier 1728 et baptisé le lendemain à l’église Saint-Lo de Rouen. Il est le troisième enfant de la famille. Son père est menuisier. Ses parents meurent tous les deux lorsqu’il a 11 ans. A ce moment il sait déjà bien lire et écrire.

A 21 ans il entre chez les religieux du tiers ordre de saint François, dit de Pénitence, réformé par le Père Vincent Mussart en 1595. Il fait son noviciat dans le couvent de Rouen qui pouvait accueillir soixante religieux et prononce ses vœux dans ce même couvent le 8 Août 1750. Il prend alors le nom de Séverin.

L’ordre compte alors quatre provinces en France et de nombreux monastères. Le vicaire général, ses assistants et le secrétaire résident au monastère Notre-Dame-de-Nazareth de Paris. On ne sait pas quand le Père Séverin Girault  quitte Rouen pour Paris. Est-il ordonné prêtre à Rouen, à Picpus, à Notre-Dame-de-Nazareth ?

En raison de sa magnifique écriture il devient secrétaire et dès 1766 des actes sont signés de lui. On a donc de nombreuses pages écrites par lui. Il semble qu’il prend une part active à la révision des constitutions de son ordre qui aboutit au bref de Clément XIV du 15 Septembre 1772 "Pastoralis officii".

Le père Girault et les Élisabéthines

En 1773 il est élu unanimement secrétaire général de la province. Il fait aussi office de bibliothécaire au couvent de Notre-Dame-de-Nazareth où il réside. Il est également le directeur (confesseur) des sœurs franciscaines élisabéthines établies à deux pas.

En 1789 les religieuses de Sainte-Élisabeth  élisent le Père Girault comme délégué pour l’élection des députés des Etats généraux.

Mais le 28 Avril 1792 le couvent de Notre-Dame-de-Nazareth est fermé par ordre du gouvernement et les religieux  doivent se regrouper dans le monastère de Picpus avec les religieux de deux autres monastères. Ils sont alors soixante trois à vivre à Picpus. Le monastère de Notre-Dame-de-Nazareth comptait alors vingt six religieux. Neuf décident de quitter l’état religieux.

Le Père Girault déclare vouloir continuer à vivre dans les maisons et sous la règle de l’ordre. Il est alors âgé 64 ans et est assistant du vicaire général de la province. Les religieuses élisabéthines aménagent au dessus de leur parloir des logements (Peut être s’agit-il des pièces aujourd’hui allouées à la communauté chinoise ?)  pour accueillir le 28 Avril 1792 leur chapelain, le père Elisée et leur aumônier, le Père Séverin Girault.

Les religieuses élisabéthines refusent de communiquer avec le curé jureur de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle ainsi qu’avec Gobel, l’évêque constitutionnel. Les deux pères vivent sur leur pension (allouée par l’Etat) ne voulant pas peser sur les religieuses réduites à une grande pauvreté.

Arrestation et assassinat du père Girault

Après le 10 Août c’est l’inquiétude. Le 19 Août la messe est célébrée dans le chœur de nuit pour les religieuses et le célébrant (Père Elisée ou Père Girault ?) consomme la réserve eucharistique. Les religieuses partent le 29 août. Quand le Père Girault et le Père Elisée ont-ils été arrêtés avant le 19 Août, après, on ne sait pas (encore !) ? Probablement après le 29 Août sinon cela aurait été consigné dans le journal du monastère tenu scrupuleusement jusqu’à cette date et parvenu jusqu’à nous les pères sont emprisonnés au couvent des Carmes plus précisément dans la chapelle. En effet cent cinquante prêtres sont enfermés dans la chapelle. Ils y mangent, y dorment… mais ne peuvent célébrer la messe. Les premiers sont arrivés le 11 Août. Les gardes sont violents. Des fidèles ont eu l’autorisation d’apporter des lits, du linge, de la nourriture…Le médecin civique a obtenu deux promenades d’une heure chacune, le matin et l’après midi.

Le 26 Août un décret condamne au bannissement hors de France les prêtres réfractaires. Ils doivent s’apprêter à partir. Ils en ont connaissance le 31 Août. Le 1er Septembre ils se confessent les uns les autres. Des bruits sinistres circulent dans la ville. Le 2 Septembre  vers 16h les prisonniers ont alors enfin le droit de faire leur promenade. Ils se dispersent dans les allées. Le Père Girault reste seul  près du bassin à prier son office. La section du Luxembourg qui siège dans l’église Saint Sulpice décide le massacre des prêtres.

Les révolutionnaires  envahissent le jardin et commencent par tuer d’un coup de sabre et de coups de pique le père Séverin Girault. Le massacre des prêtres et des 3 évêques  (Mgr du Lau, évêque d’Arles  et les deux frères La Rochefoucaud, évêques de Beauvais et de Saintes) va se prolonger pendant 2 heures. Les corps sont jetés dans un puits et dans une fosse. Ils seront ensuite exhumés et placés dans la crypte de l’église st Joseph des Carmes.

Le Père Girault, religieux lettré, 2ème de sa province, a offert consciemment sa vie par fidélité à l’Eglise et à Dieu. Il est mort en célébrant la prière de l’Eglise.