Louis XVII et la paroisse Sainte-Élisabeth-de-Hongrie

Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Louis XVII emprisonné à la tour du Temple avec le reste de sa famille en 1792. Il y fut maintenu après l'exécution de ses parents et y décéda en 1795, âgé de 10 ans, des suites des mauvais traitements qu'il avait subi en captivité.

La tour du Temple se dressait à l'emplacement de l'actuel square du Temple, à deux pas de l'église, dans le ressort territorial de l'actuelle paroisse Sainte-Élisabeth-de-Hongrie. Chaque année, une messe est célébrée au mois de juin dans l'église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie, pour le repos de l'âme de Louis XVII et à l'intention de tous les enfants maltraités.

Captivité et décès de Louis XVII à la tour du Temple

13 août 1792 : incarcération de la famille royale dans la tour du Temple

Le souvenir du Temple est étroitement lié à celui du Dauphin, c’est là qu’il a vécu, qu’il a souffert, qu’il a régné, si l’on peut donner le nom de règne à cette agonie qui se prolonge de la mort du père jusqu’à celle du fils. Louis XVII n’est point appelé dans l’histoire l’enfant de Versailles, l’enfant des Tuileries, il est appelé l’enfant du Temple.

L‘enfermement de la famille royale au Temple commence le 13 août 1792, à 7 heures du soir, dans le Palais du grand prieur. Il semble que ce soit le Dauphin qui ait pénétré le premier, à 11 heures du soir, dans la tour séparée du palais. L’enfant connait, pendant 4 mois, une vie familiale sous la surveillance souvent malveillante des municipaux de la Commune de Paris, jusqu’au procès, puis la mort de son père Louis XVI, le 21 janvier 1793. Il reste, alors, en compagnie de sa mère Marie-Antoinette, sa sœur Mme Royale et sa tante Mme Elisabeth, jusqu’au 3 juillet 1793.

1793 : Louis XVII arraché à sa famille

Ce jour-là, vers 9 h du soir, il est brutalement arraché à sa mère et placé sous la responsabilité de l’instituteur Antoine Simon et de sa femme, Marie-Jeanne, dans l’appartement de son père, au 2ème étage de la Tour. Louis-Charles que l’on appelle, désormais, Capet, reste sous la responsabilité des Simon jusqu’au 19 janvier 1794. Ces 7 mois sont marqués par les 4 interrogatoires que l’on fait subir à l‘enfant pour qu’il témoigne contre sa mère et sa tante, et par la dégradation de sa santé. La brutalité épisodique de Simon est attestée. Toutefois le jugement porté par les écrivains et les historiens du  XIXe siècle sur le couple Simon mérite d'être nuancé.

1794 : sept mois d'abandon et de solitude

Avec le départ des Simon, commence pour le petit prince de 8 ans et demi, une période de solitude et d’abandon qui dure jusqu’au 1er septembre 1794, soit plus de 7 mois. Il survit dans la pénombre, la vermine et n’a pour compagnon que les rats. Personne ne prend soin de lui, ne se soucie qu’il mange la nourriture déposée sur une table, se lave ou change de vêtements devenus trop petits pour lui, ne lui coupe les cheveux ou les ongles. Le garçon de cuisine, Caron qui assure le service sans avoir l’autorisation d’intervenir, dit «  Tout est vivant dans cette chambre, excepté celui qu’on y tue à petits coups et que l’on assassine en détail… ce n’est plus une forme humaine, c’est quelque chose qui végète, des os et de la peau qui bougent. »    

8 juin 1795 : décès de Louis XVII

Le 1er septembre 1794, Laurent, le nouveau gardien, découvre un enfant qui ne gémit pas bien que son corps soit couvert de crasse, de plaies purulentes, de tumeurs aux poignets et genoux. Lavé, pansé, habillé, le prince ne recommence à parler que faiblement et seulement quand il se trouve en confiance.

Monsieur Charles, comme on l’appelle alors, s’attache à Gomin et Lasne, nommés en remplacement de Laurent, pour le garder ainsi que sa sœur. Les deux enfants royaux vivent dans la Tour à deux étages différents et ne se reverront jamais vivants.

La santé du petit Louis-Charles décline, et il ne réagit qu’au souvenir de sa mère qu’il croit vivante. On ne fait venir des médecins, Desault, Dumangin, qu’une semaine avant sa mort, quand il est trop tard. L’enfant s’éteint le 8 juin 1795, dans les bras de Lasne.

Le 12 juin 1795, le corps de Louis XVII quitte le temple sur un brancard porté à bras par 4 hommes, devant une foule qui a eu connaissance du décès de l’enfant, et prend la direction du cimetière Sainte-Marguerite pour y être inhumé.