Premier vocable de l'église

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puce Du 10 au 18 novembre
Clôture de l’année jubilaire Sainte Elisabeth
8ème centenaire de sa naissance
Colloque, messes, rencontres, concerts...
Le programme complet
 
 
puce

"Pourquoi Elisabeth de Hongrie et de Thuringe
est-elle sainte ?"
Edito du P. Xavier Snoëk (FIP du 1er novembre 2007)

 
 
puce "Sainte Elisabeth de Hongrie :
Une sainte pour notre temps !"
Edito du P. Xavier Snoëk (FIP du 19 novembre 2006)
 
 
puce Biographie de Sainte Elisabeth de Hongrie
Par
Suzanne de La Messelière
 
 
puce La relique du cœur de Sainte Elisabeth de Hongrie
Par
Mme Suzanne de La Messelière,
Père Denis Lecompte, Père Xavier Snoëk
 
 
puce

Un manteau voyageur de saints en saints
Abbé Xavier Snoëk,
d’après des archives du couvent des  capucins

 
 
puce Prière, litanies, Chant à Sainte Elisabeth
 
     
 

Pourquoi Elisabeth de Hongrie et de Thuringe est-elle sainte ?

                 Sainte Elisabeth a aimé le Seigneur passionnément. Elle se relève la nuit pour prier. Elle n’hésite pas, par tout temps, à descendre le chemin escarpé qui mène du château de la Warburg à Eisenach afin de se rendre à la messe. Lorsqu’on relit sa vie, on y voit un amour fou de Dieu. Elle ressemble en cela à saint François, son contemporain. Elle se dépouille de toute richesses par amour de Dieu. Elle veut lui laisser toute la place. Elle vit une grande union à Dieu. Ceci se manifeste également dans ses relations aux autres et en particulier dans certaines visions.

             En effet, en son époux elle voit le Christ. Elle l’aime avec autant de passion. Et il le lui rend bien ! Elle lui est très unie et il partage avec elle sa prière (même nocturne) et son engagement au service des pauvres. Ensemble, ils accomplissent de manière excellente le projet de Dieu sur le couple humain. C’est certainement ce qui a été le moins mis en valeur dans la vie de sainte Elisabeth. On a même été jusqu’à noircir Louis. Jean Paul II, dans son désir de proposer des couples chrétiens en exemple aux fidèles, aurait certainement aussi canonisé Louis s’il avait été pape à la place de Grégoire ! Sainte Elisabeth s’accomplit parfaitement en tant qu’épouse. Elle vit l’idéal d’union à son époux au sein de sa communion au Christ.

             Il en est de même pour son amour des pauvres et des malades. Elisabeth leur donne tous ses biens, non par refus de sa condition de princesse, mais au nom de son amour pour eux. Comblée de richesses face aux nécessités, face à la pauvreté et à la famine, elle donne tout pour que les autres aient le nécessaire. Elle répond ainsi au commandement du Seigneur. Dans ceux qu’elle sert, elle voit le Christ souffrant. Le lépreux couché dans son lit apparaît sous les traits du Christ. Elle vit à la lettre le service des pauvres qui est celui de Jésus lui-même.

             Ainsi donc, si Elisabeth est sainte, c’est bien parce qu’elle a aimé. Elle a aimé à la folie Dieu, Louis et les pauvres. Dès son plus jeune âge, elle a ouvert son cœur à l’amour et finalement nul n’a pu y résister. Après avoir étonnés, voir scandalisés certains de ses contemporains, elle est reconnue comme sainte dès sa mort.

             A la suite d’Elisabeth et de tous les saints que nous célébrons en ces jours, devenons tous des saints ! C’est cela que le Christ veut pour nous lorsqu’il nous dit « soyez parfait comme votre père des cieux est parfait ! » C’est l’amour qu’il veut pour nous dans l’éternité.

                                                                  Abbé Xavier Snoëk, curé
                                                                  Feuille paroissiale du 1er novembre 2007

 
     
 

 Sainte Elisabeth de Hongrie :
Une sainte pour notre temps !

 Sainte Elisabeth a vécu au Moyen Age. Sa vie pourrait, donc, ne pas présenter beaucoup d’intérêt pour nous. Or il n’en est rien.

D’abord Sainte Elisabeth est une sainte qui, d’une certaine façon, a participé à la construction de l’Europe chrétienne. En effet, si elle est peu connue en France et dans les pays latins il n’en est pas de même dans les pays germaniques où de nombreuses œuvres d’arts et des églises lui sont consacrées. Elle a même suscité des œuvres musicales, un lied (que nous chantons en cette fête dans une adaptation de notre organiste Christophe d’Alessandro) et un opéra de Wagner. Si elle a été choisie comme patronne de notre église c’est parce qu’elle est la patronne du Tiers ordre franciscain et que notre église a été chapelle de religieuses franciscaines.

Cela montre que sainte Elisabeth a été reconnue comme une des figures principales de la famille du poverello d’Assise. Elle a, en effet, été séduite par l’idéal de pauvreté de saint François, comme Saint Louis d’ailleurs. Cet idéal de pauvreté est toujours et plus que jamais d’actualité. Sainte Elisabeth parvient à épouser Dame Pauvreté tout en restant l’épouse aimante du duc de Thuringe. Voilà qui est intéressant pour nous !

En effet Sainte Elisabeth est une épouse comblée, follement amoureuse de son époux pour lequel elle accepte de porter ses plus beaux atours de princesse ; mais dès qu’elle est seule, elle s’habille très pauvrement. Elle se dévoue également au service des pauvres jusqu’à l’épuisement. Elle donne littéralement sa vie à la suite du Christ. Au cœur de notre monde toujours soucieux du paraître, Sainte Elisabeth nous montre le chemin de l’essentiel, celui de l’amour. Le paraître doit être motivé par le désir de faire plaisir, le désir de montrer son amour. Quant à la vie quotidienne, elle doit être marquée par la simplicité et, même au cœur d’un palais, une vie austère peut être vécue.

Alors, nous qui vivons dans une société repue, essayons d’entendre cet appel à la pauvreté que nous lance notre sainte patronne à travers les siècles. Séduits par la personnalité de Saint François mais peut être désarçonnés par sa vie monastique, laissons-nous entraîner par celle qui, au milieu de son peuple, a répondu à sa vocation de baptisée, recevant la Béatitude : « Heureux les pauvres de cœurs ils seront appelés fils de Dieu »

                                                                 Abbé Xavier Snoëk, curé
                                                                 Feuille paroissiale du 19 novembre 2006

 
     
 

 

Spectacle Musical

SAINTE ELISABETH DE HONGRIE (1207-1231)

Epouse de Louis, prince de Thuringe (Allemagne), Elisabeth a été reconnue comme un modèle de piété, d'amour conjugal et de dévouement pour les pauvres au cœur du Moyen-Age. Elle sera canonisée quelques années seulement après sa mort.

A l’exemple de saint François, elle nous donne le témoignage d’une sainteté audacieuse et fervente !

 

Samedi 16 février 2008 à 18h

 21  rue Méchain 75014 paris Soeurs de St Joseph de Cluny

 

Texte : François Desprez  Musique : Frédéric Fonsalas

 

Interprété par 30 acteurs de diverses paroisses (dont une vingtaine de chanteurs), 15 instrumentistes (violons, violoncelles, flûtes, hautbois, trompette, clarinette, harpes, guitare, synthé)

Costumes du Moyen-Age : Ateliers de Jehanne 45430 Chécy Tél : 02 38 46 60 53

 

Libre participation aux frais

SAINTE  ELISABETH  DE  HONGRIE  (1207–1231)

 Biographie

Elisabeth naquit en 1207, vraisemblablement à Sàrospatak, troisième enfant du roi André II de Hongrie (1177-1235), descendant du roi  apostolique saint Etienne 1er (975-1038), et de Gertrude d'Andechs-Meran (+1213), fille de Berthold IV, duc de Méranie,  qui avait dans ses ancêtres  Charlemagne. Elisabeth fut fiancée au fils du landgrave Hermann Ier de Thuringe (+1217), pour des raisons politiques. André II de Hongrie avait fait la croisade, et disposait d'une impressionnante fortune. En 1211, une députation solennelle alla chercher en Hongrie, à Presbourg, la petite princesse royale Elisabeth, âgée de quatre ans, et l’amena en Thuringe, au château de la Wartbourg, pourvue d’une dot impressionnante. Le landgrave Hermann Ier favorisait les arts et les lettres et aimait s’entourer de poètes. En cette cour brillante, Sophie de Wittelsbach, sa seconde épouse, éleva Elisabeth avec ses propres enfants. Elisabeth, durant ses jeux, dirigeait déjà ses désirs et ses actes vers Dieu et se révélait  pour son âge d'une grande charité. L’assassinat de sa mère, en 1213, endeuilla profondément son enfance. Après la mort du landgrave Hermann 1er, qui lui avait toujours porté une grande affection, Elisabeth subit les persécutions d'un parti qui voulait la renvoyer dans son pays. Elle avait cessé de représenter une alliance avantageuse, en raison de la désastreuse politique de son père le roi d’André II de Hongrie. Mais le jeune landgrave Louis IV de Thuringe, monté sur le trône à l'âge de 17ans,  après le décès de son père le 25 avril 1217,  ne se laissa pas influencer. Un grand amour réciproque unissait Elisabeth à Louis. Le mariage eut lieu en 1221 à l'église Saint-Georges d'Eisenach. Les jeunes époux adoptèrent un style de vie pieux et eurent une vie de famille très heureuse. Elisabeth, tout en se conformant aux devoirs de son état princier, fit preuve d'une inlassable charité envers les pauvres et les malades. Le 28 mars 1222 naquit leur fils aîné, qui règnera peu de temps sous le nom d'Hermann II de Thuringe et mourra en 1241  sans descendance. Le 20 mars 1224, vint au monde leur première fille Sophie, qui épousera plus tard le duc de Brabant et mourra en 1284, après avoir lutté pour obtenir le trône de Hesse pour son fils. Leur troisième enfant,  Gertrude, née le 29 septembre 1227, après la mort de son père, fut mise dès son plus jeune âge au monastère prémontré d’Altenberg, dont elle devint abbesse et où elle mourut en 1297. Elle fut déclarée bienheureuse. Les franciscains s’étant établis en Allemagne, à la fin de 1221, Elisabeth fit venir le frère Rüdiger à la Wartbourg, vers 1223, et le prit comme directeur spirituel. Son amour de la prière, son humilité, trouvèrent un épanouissement dans l’idéal prôné par  François d‘Assise. Elle  fila  la  laine avec les servantes,  aida les pauvres, soigna  les lépreux. En 1226,   Maître Conrad de Marbourg, prêtre austère et dur, remplaça le frère Rüdiger auprès d’elle. Elisabeth lui fit vœu d'obéissance. Il lui ordonna de n’user des biens de son époux que si elle peut le faire en bonne conscience, en s'assurant de l'honnêteté de leur provenance, ce qui la mit dans des situations très difficiles vis-à-vis de la cour car ce comportement fut considéré comme une prise de position politique. Le landgrave Louis IV de Thuringe, prince féodal préoccupé de ses intérêts territoriaux, n’en laissa pas moins la plus grande latitude à Elisabeth dans l’obéissance à ce commandement et l’exercice de la charité envers le peuple. Pendant la famine et l’épidémie  de  1226,  alors  que,  appelé  par  l’empereur Frédéric II d‘Allemagne, Louis IV de Thuringe était  parti  à la diète de Crémone,  Elisabeth installa un hôpital au pieds de la Wartbourg, soigna les malades, recueillit les pauvres,  chercha   à  leur   procurer du  travail, vendit  ses parures, et  prit  le blé  des granges du château pour subvenir à leur besoins. A son retour, Louis invita au silence les conseillers qui reprochèrent à Elisabeth ces prodigalités. Le landgrave Louis IV de Thuringe accompagna l'empereur d'Allemagne Frédéric II en Croisade et mourut à Brindisi lors de  l'épidémie qui sévit alors parmi les croisés, avant de s'embarquer pour la Terre Sainte, laissant Elisabeth veuve à l'âge de 20 ans. Sa détresse  en apprenant cette nouvelle montre une fois de plus la profondeur de son amour pour son époux. Louis avait laissé Elisabeth disposer à son gré de sa dot et des revenus du douaire qu’elle tenait de lui. Elle les distribuait en aumônes. Au décès du landgrave, les membres de la famille héritaient des biens familiaux qui demeuraient indivis, les revenus du douaire étaient donnés à la veuve, mais après la mort de Louis, Henri Raspe, son frère, prit la régence et ne permit plus à Elisabeth de disposer librement de ses revenus. Elisabeth fut chassée de la Wartbourg, en plein hiver. Elle passa la nuit dans une porcherie, et au matin demanda au couvent des franciscains de chanter le  Te Deum  aux laudes. Elisabeth mena quelques temps une vie précaire à Eisenach avec ses suivantes et ses trois enfants. Elle tissait la laine pour subvenir à leurs besoins. Ayant appris sa détresse, la tante maternelle d'Elisabeth, Mechtilde, abbesse du couvent des bénédictines de Kitzingen, la confia à son frère Ekbert, évêque de Bamberg, qui, pour la contraindre à se remarier, la relégua au château de Pottenstein, en Haute-Franconie. Elle fut délivrée par le retour des croisés qui ramenaient les ossements de son mari. Louis IV de Thuringe, après une grandiose cérémonie à la cathédrale de Bamberg, sera inhumé dans le couvent bénédictin de Reinhardsbrunn. Elisabeth séjourna quelques temps en Thuringe, puis des arrangements ayant été conclus  avec ses beaux-frères, elle obtint la restitution de sa dot et l’usufruit des biens fonciers de Marbourg, où elle se rendit avec Maître Conrad de Marbourg, son directeur spirituel. Elle fit voeu de renoncer au monde, dans la chapelle des franciscains d’Eisenach, le vendredi saint 1228 et prit, ainsi que ses servantes, l'habit gris des pénitents. Elle distribua tous ses biens aux nécessiteux et fit construire un hôpital dédié à saint François d'Assise. Elle passa ses dernières années dans la plus profonde pauvreté et humilité,  Maître  Conrad  de  Marbourg  ayant même chassé les dames de compagnie qui vivaient avec elle depuis l’enfance. Elisabeth se dévoua totalement aux pauvres et aux malades et mourut d’épuisement, à l'âge de 24 ans, dans la nuit du 16 au 17 novembre 1231. Le pape Grégoire IX éleva Elisabeth au rang de sainte le 27 mai 1235 à Pérouse pour  son inlassable charité envers les pauvres. La bulle de canonisation Gloriosus in majestate, publiée les 1er et 4 juin 1235, proclama les vertus d'Elisabeth et son immense amour de Dieu. De très nombreux miracles se produisirent, de son vivant et après sa mort. Une imposante église, sous l'impulsion de son beau-frère Conrad de Thuringe, Grand Maître de l'Ordre Teutonique, qui en posa la première pierre le 14 août 1235, fut construite à Marbourg, où ses restes furent solennellement transférés en 1236, lors d'une grandiose cérémonie en présence de l'empereur Frédéric II d'Allemagne. Ses reliques reposèrent dès lors dans une châsse, exécutée entre 1236 et 1249, en chêne recouvert de plaques d'argent et de cuivre doré. La petite ville de Marbourg devint dès lors un très haut lieu de pèlerinage et la popularité de la sainte, s'étendant à toute l'Europe, draina des foules jusqu'en 1539 où la Réforme y mit fin. Le descendant d'Elisabeth, le landgrave de Hesse Philippe 1er le Magnanime, converti au protestantisme, profana lui-même la châsse et dès lors les ossements de la sainte furent dispersés. De nombreuses congrégations religieuses, surtout hospitalières, se placèrent sous le patronage de sainte Elisabeth. La mémoire d'Elisabeth fut célébrée par de multiples textes littéraires. Une première biographie fut rédigée dès 1237 par le cistercien Césaire d'Heisterbach d'après les actes du procès de canonisation, puis par Thierry d'Apolda, un dominicain d'Erfurt à la fin du XIIIe siècle. Le poète Rutebeuf composa, entre 1258 et 1270, une Vie de sainte Elysabel. Les biographies de sainte Elisabeth de Hongrie furent florissantes tout au long des siècles, celle qu'écrivit Charles de Montalembert, et qui parut en 1834, connut un vif succès. Elisabeth inspira également des musiciens tels que Richard Wagner dans son Tannhäuser en 1845 et Franz Liszt lui dédia un oratorio commencé à Weimar en 1857 et terminé à Rome en 1862. Depuis le XIIIe siècle, Elisabeth est la patronne du Tiers Ordre Franciscain. En 1885, le pape Léon XIII l’a proclamée patronne des femmes et des jeunes filles d’Allemagne. Sa fête est fixée au 19 novembre.

Suzanne de La Messelière
Docteur  designata en Théologie de l’Université de Fribourg/Suisse,
D.E.A. Histoire des religions, Paris IV Sorbonne,
Docteur en Médecine de la Faculté de Paris,
Auteur de la Thèse : «  Sainte Elisabeth de Hongrie, biographie et hagiographie »,
soutenue en 2007 à l’Université de Fribourg / Suisse. 

Iconographie : « Sainte Elisabeth de Hongrie », Liezen-Mayer (1839-1898),
Musée des Beaux-Arts, Budapest, Hongrie.

 

 
     
 

La relique du Cœur de sainte Elisabeth

Le cœur de sainte Elisabeth de Hongrie (1207-1231)

Le but de ma thèse de théologie fut de retrouver l'authenticité de la spiritualité de sainte Elisabeth de Hongrie et de la restituer dans toute sa pureté. J’ai tenté de la dégager des surcharges de la légende et des influences diverses qu'elle avait subies au cours du temps. J’avais renoncé à toute élaboration romanesque de sa vie, mon unique souci ayant été de rassembler et de traduire, si nécessaire, les documents historiques. Je n’avais retenu comme crédibles que les sources les plus anciennes, émanant de personnes ayant connu Elisabeth, et dont la fiabilité du témoignage ne peut être mise en doute. Afin de cerner au plus près la vérité historique, j’avais voulu me rendre personnellement dans les pays où vécut sainte Elisabeth et d'emboîter son pas. Ces voyages m’ont  permis de visualiser les lieux précis où elle vécut, d'exploiter la riche mine des traditions de la piété populaire et ainsi de constater l'exceptionnelle actualité de son culte toujours vivant et l'ampleur de la dévotion des fidèles qui défie le temps. J’avais entendu dire qu’un manuscrit ancien (ms 809) se trouvait à la cathédrale de Cambrai. Je téléphonais, la réponse fut courtoise, je pouvais venir le consulter. A ma grande surprise, mon interlocutrice me demanda ensuite si j’envisageais également d’aller voir le cœur de sainte Elisabeth conservé à la cathédrale de Cambrai. Je restais stupéfaite, jamais je n’avais entendu parler de cette relique, il n’y avait aucune trace d’elle dans aucune bibliographie ni dans aucune biographie ancienne ou récente. Quelle découverte !

Je décidais d’aller immédiatement dans cette ville, accompagnée de ma famille et d’un ami photographe. Le Père Denis Lecompte, Archiprêtre de la cathédrale de Cambrai, nous reçut avec une grande gentillesse. Je lui expliquais alors que j’avais entendu dire que le cœur de sainte Elisabeth se trouvait dans la cathédrale. Etait-il au courant ? Il me sourit et me répondit que le cœur se trouvait sur son bureau. Quelques instants plus tard il revint avec la relique qu’il déposa dans ma main. Etait-ce l’émotion ? J’avais l’impression que le cœur d’Elisabeth, cette sainte que je vénérais tant, battait dans le creux de ma main ! Le Père Denis Lecompte m’expliqua alors qu’à l’époque où vivait sainte Elisabeth, Cambrai était une ville libre d’Empire comme l’étaient les principautés d’Allemagne et les contacts étaient fréquents. Déjà impressionnée par la dévotion mariale qu’elle partageait et qui se vivait à Cambrai, Elisabeth avait procédé à de grandes largesses tant pour les travaux d’achèvement de la Cathédrale Notre-Dame de Cambrai, qu’en faveur des plus nécessiteux et défavorisés de la ville. Selon les archives, l’évêque de Cambrai se trouvait à Marbourg au moment de la mort d’Elisabeth. C’est à cette occasion qu’il dût ramener le cœur à la Cathédrale, avant même la canonisation de 1235, tant la renommée d’Elisabeth était grande. Par la suite, le patronyme de sainte Elisabeth fut donné à des chapelles, des églises, des béguinages, des établissements hospitaliers aussi bien à Cambrai que dans la région. De même furent réalisés des sceaux, des miniatures, des gravures, deux offices de sa fête à Cambrai. La bibliothèque municipale possède encore trois importants manuscrits concernant sainte Elisabeth. Jusqu’à la Révolution Française, le cœur était vénéré dans l’ancienne cathédrale. Dès 1235, l’année de la canonisation de sainte Elisabeth, un autel fut consacré avec le cœur. Puis, lors des travaux de 1239, une chapelle fut dédiée à sainte Elisabeth de Hongrie, en position d’honneur, juste à droite de la chapelle axiale dédiée à la Sainte Trinité, celle qui recevra en son temps l’Icône Notre-Dame de Grâce. Aux Archives départementales du Nord, il est possible de consulter différents inventaires historiques des Reliques de la Cathédrale de Cambrai. Nous possédons notamment deux indications concernant le cœur de sainte Elisabeth à la date du 20 septembre 1401 : «  Item une relique d’argent a maniere de pume ou il y a escript autour : de corde sancte Elizabeth …Item une petite relique ronde ou est escript autour : cor sancte Elisabeth ».

Jusqu’à la Révolution Française, le cœur était vénéré dans l’ancienne Cathédrale. La Révolution entraîna malheureusement de profondes  fractures dans la continuité historique des biens et des traditions. Ceci étant, quelques réalités des plus précieuses furent sauvegardées. Pour ce qui est de sainte Elisabeth, la relique de son cœur fut enchâssée à l’arrière du Maître autel, dans le déambulatoire de l’actuelle Cathédrale, en face du monument funéraire de Fénelon; à l’entrée de ce déambulatoire un vitrail représente précisément sainte Elisabeth de Hongrie. La pierre de l'autel fut travaillée en forme de cœur (35cm x 35 cm) pour recevoir le reliquaire.

En 1990, un malotru arracha le reliquaire pour s’emparer du métal précieux. Le cœur, ôté de son reliquaire et jeté à terre par les voleurs, fut retrouvé en poussières sur le sol par l'Archiprêtre de la Cathédrale et par le Chancelier de l'Archevêché de Cambrai, qui le recueillirent alors précieusement. Le cœur  fut ensuite sauvegardé grâce à l'actuel Archiprêtre le père Denis Lecompte. Il le déposa provisoirement dans un nouveau petit reliquaire en or, lui-même en forme de cœur, mis sous scellé. Lorsque je lui dis qu’il avait sauvé le cœur de sainte Elisabeth de Hongrie, le Père Denis Lecompte, avec son humilité habituelle, se contenta de sourire. Mon émotion était immense. Immédiatement je décidais que le cœur de sainte Elisabeth serait le joyau de ma thèse. Il le fut. Quatre années se sont passées depuis ce jour, j’ai soutenu ma thèse sur la biographie de sainte Elisabeth à l’Université de Fribourg, le Père Denis Lecompte et moi sommes devenus de grands amis. Ceci dit, jamais je n’ai pu oublier ce moment où j’ai tenu le cœur d’Elisabeth dans le creux de ma main, battait-il ? Dans mon propre cœur, oui. D’un commun accord, nous décidâmes de donner au Jubilé des huit cent ans de la naissance de sainte Elisabeth de Hongrie, toute la  magnificence qu’il méritait. En effet, plusieurs pèlerinages réunissant des fidèles, des pauvres et des malades, s’organisent actuellement en direction de Cambrai. Le cœur a fait l’objet de nombreux articles dans la presse. Un matin, le Père Xavier Snoëk, curé de la paroisse sainte Elisabeth, me propose de coordonner le colloque historique et spirituel qu’il organise dans le cadre de la semaine de jubilé de la naissance de sainte Elisabeth, du 10 au 10 novembre 2007. Intéressée par ce projet, je lui révèle que le cœur de sainte Elisabeth se trouve à Cambrai et qu’il serait très beau de le faire venir à Paris pour le vénérer dans le cadre du jubilé. Sa stupéfaction à cette annonce laissa rapidement place à son enthousiasme ! Il ignorait  jusqu’à ce jour l’existence du cœur et un tel ornement pour le jubilé le comblait de joie. Je téléphonais alors à Monseigneur Garnier, Archevêque de Cambrai, pour lui demander son autorisation. Il me l’accorda en me rappelant qu’une telle relique est unique : Elisabeth n’a qu’un cœur et  cette relique acquière d’autant plus d’importance que malheureusement, à Marbourg, le corps de sainte Elisabeth fut perdu lors des évènements de la Réforme. Monseigneur n’acceptait qu’à condition que le cœur de sainte Elisabeth soit honoré comme il le mérite, avec très grand respect. Le Père Denis Lecompte accepta  également mon projet. J’annonçais alors au Père Xavier Snoëk les autorisations données. En excellent organisateur, il se mit tout de suite au travail : une grande procession se fera à Paris, avec la relique du cœur de sainte Elisabeth de Hongrie, portée par le Père Denis Lecompte, jusqu’à la cathédrale Notre-Dame où sera célébrée une messe solennelle présidée par Monseigneur André Vingt-trois, Cardinal et Archevêque de Paris. N’oublions pas le message de sainte Elisabeth : « Nous avons l’obligation de rendre les gens heureux ». Le cœur d’Elisabeth était pour les pauvres et les malades, espérons que beaucoup d’entre eux viendront à cette procession.

Suzanne de La Messelière
Docteur  designata en Théologie de l’Université de Fribourg/Suisse,
D.E.A. Histoire des religions, Paris IV Sorbonne,
Docteur en Médecine de la Faculté de Paris,
Auteur de la Thèse : «  Sainte Elisabeth de Hongrie, biographie et hagiographie », soutenue en 2007 à l’Université de Fribourg / Suisse.

Père Denis Lecompte
Chanoine titulaire
Archiprêtre de la Cathédrale de Cambrai et Recteur de la Basilique métropolitaine
Doyen de l’agglomération cambrésienne
Curé de la paroisse Notre-Dame de Grâce
Maîtrise en Théologie de l’Université Pontificale Grégorienne
Diplômé de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes
Doctorat de Philosophie de Paris X Nanterre
Doctorat ès Lettres et Sciences Humaines de Paris IV Sorbonne
Doctorat en Théologie de l’Institut Catholique de Paris

Père Xavier Snoëk
Curé de la Paroisse Sainte-Elisabeth à Paris

 
     
 

Un manteau voyageur de saints en saints

  1. A la demande du cardinal Hugolin, futur Grégoire IX,
    Saint François donne son manteau
    à sainte Elisabeth en gage de leur lien spirituel
  2. Sainte Elisabeth garde près d’elle ce manteau jusqu’à sa mort.
    Elle le considère comme son « bijou le plus précieux »
  3. Le beau frère d’Elisabeth, Conrad devient
    grand maître des chevaliers teutoniques et leur remet le manteau
  4. Les chevaliers teutoniques donnent le manteau à saint Louis
    en remerciement de son rôle de conciliateur dans les démêlés
    entre le pape Grégoire IX et l’empereur Frédéric II ;
    Saint Louis est tertiaire franciscain et a accueilli à sa cour
    Hermann le fils d’Elisabeth.
    Blanche de Castille aimait embrasser Hermann sur le front par dévotion en pensant qu’Elisabeth l’avait fait.
  5. Saint Louis remet le manteau aux cordeliers (franciscains) qui le conservent jusqu’à la révolution.
  6. Jaques Christophe Auguin tertiaire franciscain cache le manteau pendant la révolution et le remet, les événements calmés en 1800 au dernier père gardien du couvent, le père Claude Agrave ofm,  devant l’officialité de Paris en la personne de mgr Jacques André Emery.
  7. Le manteau doit être remis à la première communauté franciscaine qui se rétablit à Paris
  8. Le manteau est remis aux récollettes
  9. Les Récollettes font don aux capucins du manteau en 1865
  10. Il est caché pendant la Commune par un frère capucin
  11. En 1904 les capucins emportent le manteau en Belgique où ils se sont retirés
  12. Les capucins rapportent le manteau au Man
  13. En 1926 le manteau est rapporté à Paris, chez les capucins rue Boissonnade
  1. C’est ce manteau qui sera proposé à la vénération des fidèles du 11 au 18 Novembre dans l’église Sainte Elisabeth. Il sera le lien tangible du lien spirituel qui unissait de leur vivant François et Elisabeth

Abbé Xavier Snoëk, d’après des archives du couvent des  capucins

 
     
 

Prière à Sainte Elisabeth
patronne de notre paroisse

 Sainte Elisabeth de Hongrie,
mère des pauvres et des petits,
pour les habitants du territoire de cette paroisse qui porte ton nom,
sois lumière du Christ, nous t’en prions.

 Reine, tu as déposé ta couronne
aux pieds du Seigneur livré pour nos péchés,
renonçant à l’orgueil du monde
pour être toute à DIEU et au service de toute misère.

 De Celui qui s’est fait notre Bon Samaritain,
tu as reçu cette recommandation :
« Va, et toi aussi fais de même » (Luc 10,37),
et tu as su trouver les gestes tout simples du lavement des pieds (Jn. 13,15).
 

Par ton intercession, que notre Seigneur et notre Maître
renouvelle en nous ses dons précieux
de présence et d’attention aux autres
et de dépassement de soi dans la petitesse de nos gestes humains.

 Apprends aux époux à se recevoir comme un don de DIEU l’un pour l’autre,
comme tu as su en témoigner avec ton mari jusqu’au pardon.
Donne-leur de vivre une fidélité conjugale au-delà de toute espérance,
toi qui as porté l’épreuve d’un couple brisé par la mort.

 La charité que tu pratiquais comme en offrant des roses,
demandes-la pour nous à notre DIEU :
que les enfants, les jeunes, les humbles et les blessés de la vie
trouvent dans l’Eglise le geste simple qui construit et guérit.

 Maintiens en nous le brûlant désir de changer
tout ce qui, en nous et par nous,
défigure dans l’Eglise
le vrai visage du Seigneur.

 Amen

 17 novembre : Fête de Sainte Elisabeth de Hongrie,
née à Sarospatak (Hongrie) en 1207, décédée à Marburg (Thuringe) en 1231, canonisée en 1235.

 
     
 
Litanies de sainte Elisabeth
Seigneur prend pitié
O Christ prend pitié
Seigneur prend pitié
Sainte Marie sainte Mère de Dieu
Notre Dame de Pitié
Notre Dame de la Paix
Saint Gabriel, Saint Michel et saint Raphaël
Saint Joseph
Saint Jean Baptiste
Saint Pierre et saint Paul
Saint Jacques et saint Jean
Tous les apôtres du Seigneur
Saint François d’Assise, époux de Dame pauvreté
Sainte Claire, disciple de saint François
Tous les saints compagnons de Saint François 
Sainte Elisabeth  fleur de la Hongrie
Sainte Elisabeth honneur de la Thuringe
Sainte Elisabeth, princesse européenne 
Sainte Elisabeth, enfant choyée par ses parents
Sainte Elisabeth, fiancée à 4 ans
Sainte Elisabeth, séparée des ses parents à 4 ans 
Sainte Elisabeth, petite princesse couverte de cadeaux
Sainte Elisabeth, bien accueillie par son fiancé
Sainte Elisabeth, compagne de jeux de Louis 
Sainte Elisabeth, fiancée heureuse
Sainte Elisabeth, orpheline de mère
Sainte Elisabeth, incomprise par sa belle famille
Sainte Elisabeth, enfant, amie du Seigneur
Sainte Elisabeth, enfant attentive aux pauvres
Sainte Elisabeth, enfant assidue à la prière
Sainte Elisabeth, amoureuse de son fiancé
Sainte Elisabeth, choisie par Louis
Sainte Elisabeth, choisie par Dieu 
Sainte Elisabeth, généreuse envers les pauvres
Sainte Elisabeth, soignant les malades
Sainte Elisabeth, secours des mourants
Sainte Elisabeth, apaisant les accouchées
Sainte Elisabeth, attentives aux femmes enceintes
Sainte Elisabeth, fondatrice d’hôpital 
Sainte Elisabeth, courant la campagne pour soigner les malades
Sainte Elisabeth, courant la campagne pour secourir les pauvres
Sainte Elisabeth, courant la campagne pour assister à la messe 
Sainte Elisabeth, priant la nuit
Sainte Elisabeth priant le jour
Sainte Elisabeth priant avec Louis 
Sainte Elisabeth, mère 
Sainte Elisabeth, maîtresse de maison  attentive
Sainte Elisabeth, princesse généreuse
Sainte Elisabeth, princesse admirée
Sainte Elisabeth, princesse aimée
Sainte Elisabeth, princesse incomprise 
Sainte Elisabeth, épouse de Dame pauvreté
Sainte Elisabeth, disciple de saint François
Sainte Elisabeth séduite par l’idéal franciscain 
Sainte Elisabeth, sœur des pauvres
Sainte Elisabeth, sœur des malades
Sainte Elisabeth, sœur des accouchées 
Sainte Elisabeth mère des orphelins
Sainte Elisabeth mère des pauvres
Sainte Elisabeth, mère des ses sujets 
Sainte Elisabeth amie de ses servantes
Sainte Elisabeth, amie des moines
Sainte Elisabeth amie des prêtres 
Sainte Elisabeth, fille de Sarospatak
Sainte Elisabeth, dame de la Warburg
Sainte Elisabeth, habitante de Marburg 
Sainte Elisabeth, épouse de croisée
Sainte Elisabeth épouse d’un soldat au loin
Sainte Elisabeth attendant le retour de l’être aimé 
Sainte Elisabeth, éprouvée par la guerre
Sainte Elisabeth, victime de la guerre
Sainte Elisabeth, veuve  
Sainte Elisabeth, pleurant son époux
Sainte Elisabeth, inconsolable
Sainte Elisabeth priant pour son époux 
Sainte Elisabeth, subissant la vengeance
Sainte Elisabeth, chassée de son château
Sainte Elisabeth, pauvre parmi les pauvres 
Sainte Elisabeth mendiante
Sainte Elisabeth priante
Sainte Elisabeth repentante 
Sainte Elisabeth, ascète
Saint Elisabeth, pénitente
Sainte Elisabeth, solitaire 
Sainte Elisabeth offrant ses biens
Sainte Elisabeth offrant son amour
Sainte Elisabeth offrant sa vie 
Sainte Elisabeth anéantie par le chagrin
Sainte Elisabeth anéantie par les privations
Sainte Elisabeth anéantie par la maladie 
Sainte Elisabeth épouse du christ souffrant
Sainte Elisabeth épouse du Christ calomnié
Sainte Elisabeth épouse du Christ trahie par les siens 
Sainte Elisabeth, tante de sainte Elisabeth du Portugal
Sainte Elisabeth, amie du Roi de France
Sainte Elisabeth ancêtre de rois et reines d’Europe 
Sainte Elisabeth patronne des jeunes femmes allemandes
Sainte Elisabeth, patronne du Tiers Ordre de Saint François
Sainte Elisabeth patronne de la Hongrie et de la Colombie 
Sainte Elisabeth patronne de la paroisse
Sainte Elisabeth, patronne de couvents
Sainte Elisabeth, notre patronne 
Sainte Elisabeth de Portugal
Saint Louis Roi de France
Bienheureuse Isabelle de France 
Tous les saints franciscains 
Tous les saints de Hongrie
Tous les saints d’Allemagne 
Toutes les saintes veuves
Toutes les saintes secours des pauvres
Toutes les saintes fondatrices d’hôpitaux 
Tous les saints d’Europe
Tous les saints du Moyen Age
Tous les saints et saintes de Dieu
 
     
  CHANT À SAINTE ÉLISABETH DE HONGRIE
Adaptation de Christophe d’Alessandro, organiste de Sainte Elisabeth de Hongrie
 
 

1) Élisabeth douce princesse,
Brûlant de l’amour du Sauveur,
Abandonna gloire et richesse
En offrande à notre Seigneur.

2) Ton amour constant et fidèle
Entend le cri du malheureux.
Quand tu réponds à son appel,
Ta charité rend gloire à Dieu.

3) Que le visage de Jésus,
Resplendisse en notre prochain.
Si nos frères semblent perdus,
Que nous sachions tendre la main.

4) Loin du monde et de ses promesses,
Tu as préféré Jésus-Christ.
Que l’Esprit Saint par ta faiblesse,
Révèle sa force aujourd’hui.

5) Par Notre Dame de Pitié,
Blessée d’amour en cette vie,
Portant son Fils humilié,
Tu as gagné le paradis.

 
 

 

 

 

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