Sainte Élisabeth de
Hongrie et de Thuringe (1207-1231) est la première patronne de notre
paroisse.
Elisabeth naquit en 1207, vraisemblablement à Sàrospatak, troisième
enfant du roi André II de Hongrie (1177-1235), descendant du roi
apostolique saint Etienne 1er (975-1038), et de Gertrude
d'Andechs-Meran (+1213), fille de Berthold IV, duc de Méranie,
qui avait dans ses ancêtres Charlemagne. Elisabeth fut fiancée au
fils du landgrave Hermann Ier de Thuringe (+1217), pour des raisons
politiques. André II de Hongrie avait fait la croisade, et disposait
d'une impressionnante fortune.
En 1211, une députation solennelle alla chercher en
Hongrie, à Presbourg, la petite princesse royale Elisabeth, âgée de
quatre ans, et l’amena en Thuringe, au château de la Wartbourg, pourvue
d’une dot impressionnante. Le landgrave Hermann Ier favorisait les arts
et les lettres et aimait s’entourer de poètes. En cette cour brillante,
Sophie de Wittelsbach, sa seconde épouse, éleva Elisabeth avec ses
propres enfants. Elisabeth, durant ses jeux, dirigeait déjà ses désirs
et ses actes vers Dieu et se révélait pour son âge d'une grande
charité.
L’assassinat
de sa mère, en 1213, endeuilla profondément son enfance. Après la mort
du landgrave Hermann 1er, qui lui avait toujours porté une grande
affection, Elisabeth subit les persécutions d'un parti qui voulait la
renvoyer dans son pays. Elle avait cessé de représenter une alliance
avantageuse, en raison de la désastreuse politique de son père le roi
d’André II de Hongrie. Mais le jeune landgrave Louis IV de Thuringe,
monté sur le trône à l'âge de 17ans, après le décès de son père
le 25 avril 1217, ne se laissa pas influencer.
Un
grand amour réciproque unissait Elisabeth à
Louis. Le mariage eut lieu en 1221 à l'église Saint-Georges
d'Eisenach. Les jeunes époux adoptèrent un style de vie pieux et eurent
une vie de famille très heureuse. Elisabeth, tout en se conformant aux
devoirs de son état princier, fit preuve d'une inlassable charité
envers les pauvres et les malades. Le 28 mars 1222 naquit leur fils
aîné, qui règnera peu de temps sous le nom d'Hermann II de Thuringe et
mourra en 1241 sans descendance. Le 20 mars 1224, vint au monde
leur première fille Sophie, qui épousera plus tard le duc de Brabant et
mourra en 1284, après avoir lutté pour obtenir le trône de Hesse pour
son fils. Leur troisième enfant, Gertrude, née le 29 septembre
1227, après la mort de son père, fut mise dès son plus jeune âge au
monastère prémontré d’Altenberg, dont elle devint abbesse et où elle
mourut en 1297. Elle fut déclarée bienheureuse.
Les franciscains s’étant établis en Allemagne, à la
fin de 1221, Elisabeth fit venir le frère Rüdiger à la Wartbourg, vers
1223, et le prit comme directeur spirituel. Son amour de la prière, son
humilité, trouvèrent un épanouissement dans l’idéal prôné par
François d‘Assise. Elle fila la laine avec les
servantes, aida les pauvres, soigna les lépreux. En
1226, Maître Conrad de Marbourg, prêtre austère et dur,
remplaça le frère Rüdiger auprès d’elle. Elisabeth lui fit vœu
d'obéissance. Il lui ordonna de n’user des biens de son époux que si
elle peut le faire en bonne conscience, en s'assurant de l'honnêteté de
leur provenance, ce qui la mit dans des situations très difficiles
vis-à-vis de la cour car ce comportement fut considéré comme une prise
de position politique. Le landgrave Louis IV de Thuringe, prince féodal
préoccupé de ses intérêts territoriaux, n’en laissa pas moins la plus
grande latitude à Elisabeth dans l’obéissance à ce commandement et
l’exercice de la charité envers le peuple.
Pendant la famine et l’épidémie de
1226, alors que, appelé par l’empereur
Frédéric II d‘Allemagne, Louis IV de Thuringe était parti à
la diète de Crémone, Elisabeth installa un hôpital au pieds de la
Wartbourg, soigna les malades, recueillit les pauvres,
chercha à leur procurer du travail,
vendit ses parures, et prit le blé des granges
du château pour subvenir à leur besoins. A son retour, Louis
invita au silence les conseillers qui reprochèrent à Elisabeth ces
prodigalités.
Le landgrave Louis IV de Thuringe accompagna
l'empereur d'Allemagne Frédéric II en Croisade et mourut à Brindisi
lors de l'épidémie qui sévit alors parmi les croisés, avant de
s'embarquer pour la Terre Sainte, laissant Elisabeth veuve à l'âge de
20 ans. Sa détresse en apprenant cette nouvelle montre une fois
de plus la profondeur de son amour pour son époux. Louis avait laissé
Elisabeth disposer à son gré de sa dot et des revenus du douaire
qu’elle tenait de lui. Elle les distribuait en aumônes.
Au décès du landgrave, les membres de la famille
héritaient des biens familiaux qui demeuraient indivis, les revenus du
douaire étaient donnés à la veuve, mais après la mort de Louis, Henri
Raspe, son frère, prit la régence et ne permit plus à Elisabeth de
disposer librement de ses revenus. Elisabeth fut chassée de la
Wartbourg, en plein hiver. Elle passa la nuit dans une porcherie, et au
matin demanda au couvent des franciscains de chanter le Te
Deum aux laudes. Elisabeth mena quelques temps une vie précaire à
Eisenach avec ses suivantes et ses trois enfants. Elle tissait la laine
pour subvenir à leurs besoins.
Ayant appris sa détresse, la tante maternelle
d'Elisabeth, Mechtilde, abbesse du couvent des bénédictines de
Kitzingen, la confia à son frère Ekbert, évêque de Bamberg, qui, pour
la contraindre à se remarier, la relégua au château de Pottenstein, en
Haute-Franconie. Elle fut délivrée par le retour des croisés qui
ramenaient les ossements de son mari. Louis IV de Thuringe, après une
grandiose cérémonie à la cathédrale de Bamberg, sera inhumé dans le
couvent bénédictin de Reinhardsbrunn. Elisabeth séjourna quelques temps
en Thuringe, puis des arrangements ayant été conclus avec ses
beaux-frères, elle obtint la restitution de sa dot et l’usufruit des
biens fonciers de Marbourg, où elle se rendit avec Maître Conrad de
Marbourg, son directeur spirituel.
Elle fit voeu de renoncer au monde, dans la chapelle
des franciscains d’Eisenach, le vendredi saint 1228 et prit, ainsi que
ses servantes, l'habit gris des pénitents. Elle distribua tous ses
biens aux nécessiteux et fit construire un hôpital dédié à saint
François d'Assise. Elle passa ses dernières années dans la plus
profonde pauvreté et humilité, Maître Conrad de
Marbourg ayant même chassé les dames de compagnie qui vivaient
avec elle depuis l’enfance. Elisabeth se dévoua totalement aux pauvres
et aux malades et mourut d’épuisement, à l'âge de 24 ans, dans la
nuit du 16 au 17 novembre 1231.
Le pape Grégoire IX
éleva Elisabeth au rang de
sainte le 27 mai 1235 à Pérouse pour son inlassable charité
envers les pauvres. La bulle de canonisation Gloriosus in majestate,
publiée les 1er et 4 juin 1235, proclama les vertus d'Elisabeth et son
immense amour de Dieu. De très nombreux miracles se produisirent, de
son vivant et après sa mort. Une imposante église, sous l'impulsion de
son beau-frère Conrad de Thuringe, Grand Maître de l'Ordre Teutonique,
qui en posa la première pierre le 14 août 1235, fut construite à
Marbourg, où ses restes furent solennellement transférés en 1236, lors
d'une grandiose cérémonie en présence de l'empereur Frédéric II
d'Allemagne.
Ses reliques reposèrent dès lors dans une châsse,
exécutée entre 1236 et 1249, en chêne recouvert de plaques d'argent et
de cuivre doré. La petite ville de Marbourg devint dès lors un très
haut lieu de pèlerinage et la popularité de la sainte, s'étendant à
toute l'Europe, draina des foules jusqu'en 1539 où la Réforme y mit
fin. Le descendant d'Elisabeth, le landgrave de Hesse Philippe 1er le
Magnanime, converti au protestantisme, profana lui-même la châsse et
dès lors les ossements de la sainte furent dispersés.
De nombreuses congrégations religieuses, surtout
hospitalières, se placèrent sous le patronage de sainte Elisabeth.
La mémoire d'Elisabeth fut célébrée par de multiples textes
littéraires. Une première biographie fut rédigée dès 1237 par le
cistercien Césaire d'Heisterbach d'après les actes du procès de
canonisation, puis par Thierry d'Apolda, un dominicain d'Erfurt à la
fin du XIIIe siècle. Le poète Rutebeuf composa, entre 1258 et 1270, une
Vie de sainte Elysabel.
Les biographies de sainte Elisabeth de Hongrie
furent florissantes tout au long des siècles, celle qu'écrivit Charles
de Montalembert, et qui parut en 1834, connut un vif succès. Elisabeth
inspira également des musiciens tels que Richard Wagner dans son
Tannhäuser en 1845 et Franz Liszt lui dédia un oratorio commencé à
Weimar en 1857 et terminé à Rome en 1862. Depuis le XIIIe siècle,
Elisabeth est la patronne du Tiers Ordre Franciscain. En 1885, le pape
Léon XIII l’a proclamée patronne des femmes et des jeunes filles
d’Allemagne. Sa fête est fixée au 19 novembre.
Suzanne de La Messelière
Docteur
designata en Théologie de l’Université de Fribourg/Suisse,
D.E.A.
Histoire des religions, Paris IV Sorbonne,
Docteur en
Médecine de la Faculté de Paris,
Auteur de
la Thèse : « Sainte Elisabeth de Hongrie, biographie et
hagiographie »,
soutenue en 2007 à l’Université de
Fribourg / Suisse.


- Dossier sur Sainte Élisabeth de Hongrie
paru dans le numéro de France catholique du 9 novembre 2007, à
l'occasion du huit-centième anniversaire de sa naissance : cliquez ici.
- Dossier sur Sainte Élisabeth de Hongrie paru
dans le numéro de Paris Notre Dame du 8 novembre 2007 : cliquez
ici

- Un manteau voyageur de saints en saints
À la demande du
cardinal Hugolin, futur Grégoire IX, Saint François donna
son manteau à sainte Elisabeth en gage de leur lien spirituel. Sainte
Elisabeth garda près d’elle ce manteau jusqu’à sa mort : elle le
considérait comme son « bijou le plus précieux ».
Le beau frère
d’Elisabeth, Conrad devint
grand maître des chevaliers teutoniques et leur remit le manteau. Ces
derniers le donnèrent à Saint Louis en remercienement de son rôle de
conciliateur dans les démêlés entre le pape Grégoire IX et l'empereur
Frédéric II.
Saint Louis était
membre du tiers-ordre franciscain et il avait
accueilli dans sa cour Hermann, le fils de Sainte Élisabeth de Hongrie.
Blanche de Castille aimait à embrasser Hermann sur le front par
dévotion, en pensant qu'Élisabeth en avait fait de même. Saint Louis
offrit lui-même le manteau aux cordeliers (franciscains), qui le
conservèrent jusqu'à la Révolution.
Lors
de la Révolution, Jaques
Christophe Auguin, un tertiaire franciscain, cacha le manteau et le
remit, une fois les événements calmés, en 1800, au dernier père gardien
du couvent, le père Claude Agrave ofm, devant l’officialité de Paris
représentée par Mgr Jacques André Emery. Le manteau devait alors être
remis à la première communauté franciscaine qui se rétablirait à Paris.
Le
manteau est remis aux récollettes, qui en firent don aux capucins en
1865. Un frère capucin le cacha lors des évènements de la Commune. Les
capucins emportent le manteau en Belgique en 1905 lorsqu'ils s'y
retirent. Ils le raportèrent par la suite au Mans.
En 1926, le manteau
est rapporté à Paris chez les capucins de la rue Boissonnade.
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- La
relique du Cœur de sainte Elisabeth
Le
but de ma thèse de théologie fut de retrouver l'authenticité de la
spiritualité de sainte Elisabeth de Hongrie et de la restituer dans
toute sa pureté. J’ai tenté de la dégager des surcharges de la légende
et des influences diverses qu'elle avait subies au cours du temps.
J’avais renoncé à toute élaboration romanesque de sa vie, mon unique
souci ayant été de rassembler et de traduire, si nécessaire, les
documents historiques. Je n’avais retenu comme crédibles que les
sources les plus anciennes, émanant de personnes ayant connu Elisabeth,
et dont la fiabilité du témoignage ne peut être mise en doute. Afin de
cerner au plus près la vérité historique, j’avais voulu me rendre
personnellement dans les pays où vécut sainte Elisabeth et d'emboîter
son pas. Ces voyages m’ont permis de visualiser les lieux précis
où elle vécut, d'exploiter la riche mine des traditions de la piété
populaire et ainsi de constater l'exceptionnelle actualité de son culte
toujours vivant et l'ampleur de la dévotion des fidèles qui défie le
temps. J’avais entendu dire qu’un manuscrit ancien (ms 809) se trouvait
à la cathédrale de Cambrai.
Je téléphonais, la
réponse fut courtoise, je pouvais
venir le consulter. A ma grande surprise, mon interlocutrice me demanda
ensuite si j’envisageais également d’aller voir le cœur de sainte
Elisabeth conservé à la cathédrale de Cambrai. Je restais stupéfaite,
jamais je n’avais entendu parler de cette relique, il n’y avait aucune
trace d’elle dans aucune bibliographie ni dans aucune biographie
ancienne ou récente. Quelle découverte !
Je décidais d’aller immédiatement dans cette ville,
accompagnée de ma famille et d’un ami photographe. Le Père Denis
Lecompte, Archiprêtre de la cathédrale de Cambrai, nous reçut avec une
grande gentillesse. Je lui expliquais alors que j’avais entendu dire
que le cœur de sainte Elisabeth se trouvait dans la cathédrale.
Etait-il au courant ? Il me sourit et me répondit que le cœur se
trouvait sur son bureau. Quelques instants plus tard il revint avec la
relique qu’il déposa dans ma main. Etait-ce l’émotion ? J’avais
l’impression que le cœur d’Elisabeth, cette sainte que je vénérais
tant, battait dans le creux de ma main ! Le Père Denis Lecompte
m’expliqua alors qu’à l’époque où vivait sainte Elisabeth, Cambrai
était une ville libre d’Empire comme l’étaient les principautés
d’Allemagne et les contacts étaient fréquents. Déjà impressionnée par
la dévotion mariale qu’elle partageait et qui se vivait à Cambrai,
Elisabeth avait procédé à de grandes largesses tant pour les travaux
d’achèvement de la Cathédrale Notre-Dame de Cambrai, qu’en faveur des
plus nécessiteux et défavorisés de la ville. Selon les archives,
l’évêque de Cambrai se trouvait à Marbourg au moment de la mort
d’Elisabeth.
C’est à cette
occasion qu’il dût
ramener le cœur à la Cathédrale, avant même la canonisation de 1235,
tant la renommée d’Elisabeth était grande. Par la suite, le patronyme
de sainte Elisabeth fut donné à des chapelles, des églises, des
béguinages, des établissements hospitaliers aussi bien à Cambrai que
dans la région. De même furent réalisés des sceaux, des miniatures, des
gravures, deux offices de sa fête à Cambrai. La bibliothèque municipale
possède encore trois importants manuscrits concernant sainte Elisabeth.
Jusqu’à la Révolution Française, le cœur était vénéré dans l’ancienne
cathédrale. Dès 1235, l’année de la canonisation de sainte Elisabeth,
un autel fut consacré avec le cœur. Puis, lors des travaux de 1239, une
chapelle fut dédiée à sainte Elisabeth de Hongrie, en position
d’honneur, juste à droite de la chapelle axiale dédiée à la Sainte
Trinité, celle qui recevra en son temps l’Icône Notre-Dame de Grâce.
Aux Archives départementales du Nord, il est possible de consulter
différents inventaires historiques des Reliques de la Cathédrale de
Cambrai. Nous possédons notamment deux indications concernant le cœur
de sainte Elisabeth à la date du 20 septembre 1401 : « Item une
relique d’argent a maniere de pume ou il y a escript autour : de corde
sancte Elizabeth …Item une petite relique ronde ou est escript autour :
cor sancte Elisabeth ».
Jusqu’à la Révolution Française, le cœur était
vénéré dans l’ancienne Cathédrale. La Révolution entraîna
malheureusement de profondes fractures dans la continuité
historique des biens et des traditions. Ceci étant, quelques réalités
des plus précieuses furent sauvegardées. Pour ce qui est de sainte
Elisabeth, la relique de son cœur fut enchâssée à l’arrière du Maître
autel, dans le déambulatoire de l’actuelle Cathédrale, en face du
monument funéraire de Fénelon; à l’entrée de ce déambulatoire un
vitrail représente précisément sainte Elisabeth de Hongrie. La pierre
de l'autel fut travaillée en forme de cœur (35cm x 35 cm) pour recevoir
le reliquaire.
En 1990, un malotru arracha le reliquaire pour
s’emparer du métal précieux. Le cœur, ôté de son reliquaire et jeté à
terre par les voleurs, fut retrouvé en poussières sur le sol par
l'Archiprêtre de la Cathédrale et par le Chancelier de l'Archevêché de
Cambrai, qui le recueillirent alors précieusement. Le cœur fut
ensuite sauvegardé grâce à l'actuel Archiprêtre le père Denis Lecompte.
Il le déposa provisoirement dans un nouveau petit reliquaire en or,
lui-même en forme de cœur, mis sous scellé. Lorsque je lui dis qu’il
avait sauvé le cœur de sainte Elisabeth de Hongrie, le Père Denis
Lecompte, avec son humilité habituelle, se contenta de sourire. Mon
émotion était immense. Immédiatement je décidais que le cœur de sainte
Elisabeth serait le joyau de ma thèse. Il le fut. Quatre années se sont
passées depuis ce jour, j’ai soutenu ma thèse sur la biographie de
sainte Elisabeth à l’Université de Fribourg, le Père Denis Lecompte et
moi sommes devenus de grands amis. Ceci dit, jamais je n’ai pu oublier
ce moment où j’ai tenu le cœur d’Elisabeth dans le creux de ma main,
battait-il ? Dans mon propre cœur, oui. D’un commun accord, nous
décidâmes de donner au Jubilé des huit cent ans de la naissance de
sainte Elisabeth de Hongrie, toute la magnificence qu’il
méritait. En effet, plusieurs pèlerinages réunissant des fidèles, des
pauvres et des malades, s’organisent actuellement en direction de
Cambrai. Le cœur a fait l’objet de nombreux articles dans la presse. Un
matin, le Père Xavier Snoëk, curé de la paroisse sainte Elisabeth, me
propose de coordonner le colloque historique et spirituel qu’il
organise dans le cadre de la semaine de jubilé de la naissance de
sainte Elisabeth, du 10 au 10 novembre 2007. Intéressée par ce projet,
je lui révèle que le cœur de sainte Elisabeth se trouve à Cambrai et
qu’il serait très beau de le faire venir à Paris pour le vénérer dans
le cadre du jubilé. Sa stupéfaction à cette annonce laissa rapidement
place à son enthousiasme ! Il ignorait jusqu’à ce jour
l’existence du cœur et un tel ornement pour le jubilé le comblait de
joie. Je téléphonais alors à Monseigneur Garnier, Archevêque de
Cambrai, pour lui demander son autorisation. Il me l’accorda en me
rappelant qu’une telle relique est unique : Elisabeth n’a qu’un cœur
et cette relique acquière d’autant plus d’importance que
malheureusement, à Marbourg, le corps de sainte Elisabeth fut perdu
lors des évènements de la Réforme. Monseigneur n’acceptait qu’à
condition que le cœur de sainte Elisabeth soit honoré comme il le
mérite, avec très grand respect. Le Père Denis Lecompte accepta
également mon projet. J’annonçais alors au Père Xavier Snoëk les
autorisations données. En excellent organisateur, il se mit tout de
suite au travail : une grande procession se fera à Paris, avec la
relique du cœur de sainte Elisabeth de Hongrie, portée par le Père
Denis Lecompte, jusqu’à la cathédrale Notre-Dame où sera célébrée une
messe solennelle présidée par Monseigneur André Vingt-trois, Cardinal
et Archevêque de Paris. N’oublions pas le message de sainte Elisabeth :
« Nous avons l’obligation de rendre les gens heureux ». Le cœur
d’Elisabeth était pour les pauvres et les malades, espérons que
beaucoup d’entre eux viendront à cette procession.
Suzanne de La
Messelière
Docteur
designata en Théologie de l’Université de Fribourg/Suisse,
D.E.A.
Histoire des religions, Paris IV Sorbonne,
Docteur en
Médecine de la Faculté de Paris,
Auteur de la
Thèse : « Sainte Elisabeth de Hongrie, biographie et hagiographie
», soutenue en 2007 à l’Université de Fribourg / Suisse.
Père Denis
Lecompte
Chanoine
titulaire
Archiprêtre
de la Cathédrale de Cambrai et Recteur de la Basilique métropolitaine
Doyen de
l’agglomération cambrésienne
Curé de la
paroisse Notre-Dame de Grâce
Maîtrise en
Théologie de l’Université Pontificale Grégorienne
Diplômé de
l’Ecole Pratique des Hautes Etudes
Doctorat de
Philosophie de Paris X Nanterre
Doctorat ès
Lettres et Sciences Humaines de Paris IV Sorbonne
Doctorat en
Théologie de l’Institut Catholique de Paris
Père Xavier
Snoëk
Curé de la
Paroisse Sainte-Elisabeth à Paris

- Pourquoi Élisabeth de Hongrie est-elle
sainte ? (éditorial
de la feuille paroissiale du 1er novembre 2007, Abbé Xavier Snoëk)
Sainte
Elisabeth a aimé le Seigneur passionnément. Elle se relève la nuit pour
prier. Elle n’hésite pas, par tout temps, à descendre le chemin escarpé
qui mène du château de la Warburg à Eisenach afin de se rendre à la
messe. Lorsqu’on relit sa vie, on y voit un amour fou de Dieu. Elle
ressemble en cela à saint François, son contemporain. Elle se dépouille
de toute richesses par amour de Dieu. Elle veut lui laisser toute la
place. Elle vit une grande union à Dieu. Ceci se manifeste également
dans ses relations aux autres et en particulier dans certaines visions.

En
effet, en son époux elle voit le Christ. Elle l’aime avec autant de
passion. Et il le lui rend bien ! Elle lui est très unie et il partage
avec elle sa prière (même nocturne) et son engagement au service des
pauvres. Ensemble, ils accomplissent de manière excellente le projet de
Dieu sur le couple humain. C’est certainement ce qui a été le moins mis
en valeur dans la vie de sainte Elisabeth. On a même été jusqu’à
noircir Louis. Jean Paul II, dans son désir de proposer des couples
chrétiens en exemple aux fidèles, aurait certainement aussi canonisé
Louis s’il avait été pape à la place de Grégoire ! Sainte Elisabeth
s’accomplit parfaitement en tant qu’épouse. Elle vit l’idéal d’union à
son époux au sein de sa communion au Christ.
Il en est de même pour son amour des pauvres et des
malades. Elisabeth leur donne tous ses biens, non par refus de sa
condition de princesse, mais au nom de son amour pour eux. Comblée de
richesses face aux nécessités, face à la pauvreté et à la famine, elle
donne tout pour que les autres aient le nécessaire. Elle répond ainsi
au commandement du Seigneur. Dans ceux qu’elle sert, elle voit le
Christ souffrant. Le lépreux couché dans son lit apparaît sous les
traits du Christ. Elle vit à la lettre le service des pauvres qui est
celui de Jésus lui-même.
Ainsi donc, si Elisabeth est sainte, c’est bien
parce qu’elle a aimé. Elle a aimé à la folie Dieu, Louis et les
pauvres. Dès son plus jeune âge, elle a ouvert son cœur à l’amour et
finalement nul n’a pu y résister. Après avoir étonnés, voir scandalisés
certains de ses contemporains, elle est reconnue comme sainte dès sa
mort.
À
La suite d’Elisabeth et de tous les saints que nous célébrons en ces
jours, devenons tous des saints ! C’est cela que le Christ veut pour
nous lorsqu’il nous dit « soyez parfait comme votre père des cieux est
parfait ! » C’est l’amour qu’il veut pour nous dans l’éternité.

- Une
sainte pour notre temps (éditorial
de la feuille paroissiale du 19 novembre 2006, Abbé Xavier Snoëk)
Sainte Elisabeth a
vécu au Moyen Age. Sa vie
pourrait, donc, ne pas présenter beaucoup d’intérêt pour nous. Or il
n’en est rien.
D’abord Sainte Elisabeth est une sainte qui, d’une
certaine façon, a participé à la construction de l’Europe chrétienne.
En effet, si elle est peu connue en France et dans les pays latins il
n’en est pas de même dans les pays germaniques où de nombreuses œuvres
d’arts et des églises lui sont consacrées. Elle a même suscité des
œuvres musicales, un lied (que nous chantons en cette fête dans une
adaptation de notre organiste Christophe d’Alessandro) et un opéra de
Wagner. Si elle a été choisie comme patronne de notre église c’est
parce qu’elle est la patronne du Tiers ordre franciscain et que notre
église a été chapelle de religieuses franciscaines.
Cela montre que sainte Elisabeth a été reconnue
comme une des figures principales de la famille du poverello d’Assise.
Elle a, en effet, été séduite par l’idéal de pauvreté de saint
François, comme Saint Louis d’ailleurs. Cet idéal de pauvreté est
toujours et plus que jamais d’actualité. Sainte Elisabeth parvient à
épouser Dame Pauvreté tout en restant l’épouse aimante du duc de
Thuringe. Voilà qui est intéressant pour nous !
En effet Sainte Elisabeth est une épouse comblée,
follement amoureuse de son époux pour lequel elle accepte de porter ses
plus beaux atours de princesse ; mais dès qu’elle est seule, elle
s’habille très pauvrement. Elle se dévoue également au service des
pauvres jusqu’à l’épuisement. Elle donne littéralement sa vie à la
suite du Christ. Au cœur de notre monde toujours soucieux du paraître,
Sainte Elisabeth nous montre le chemin de l’essentiel, celui de
l’amour. Le paraître doit être motivé par le désir de faire plaisir, le
désir de montrer son amour. Quant à la vie quotidienne, elle doit être
marquée par la simplicité et, même au cœur d’un palais, une vie austère
peut être vécue.
Alors, nous qui vivons dans une société repue,
essayons d’entendre cet appel à la pauvreté que nous lance notre sainte
patronne à travers les siècles. Séduits par la personnalité de Saint
François mais peut être désarçonnés par sa vie monastique,
laissons-nous entraîner par celle qui, au milieu de son peuple, a
répondu à sa vocation de baptisée, recevant la Béatitude : « Heureux
les pauvres de cœurs ils seront appelés fils de Dieu »

- Prière paroissiale à Sainte Élisabeth de Hongrie

Sainte
Elisabeth de Hongrie,
mère
des pauvres et des petits,
pour
les habitants du territoire de cette paroisse qui porte ton nom,
sois
lumière du Christ, nous t’en prions.
Reine,
tu as déposé ta couronne
aux
pieds du Seigneur livré pour nos péchés,
renonçant
à l’orgueil du monde
pour
être toute à DIEU et au service de toute misère.
De
Celui qui s’est fait notre Bon Samaritain,
tu
as reçu cette recommandation :
«
Va, et toi aussi fais de même » (Luc 10,37),
et
tu as su trouver les gestes tout simples du lavement des pieds (Jn.
13,15).
Par
ton intercession, que notre Seigneur et notre Maître
renouvelle
en nous ses dons précieux
de
présence et d’attention aux autres
et
de dépassement de soi dans la petitesse de nos gestes humains.
Apprends
aux époux à se recevoir comme un don de DIEU l’un pour l’autre,
comme
tu as su en témoigner avec ton mari jusqu’au pardon.
Donne-leur
de vivre une fidélité conjugale au-delà de toute espérance,
toi
qui as porté l’épreuve d’un couple brisé par la mort.
La
charité que tu pratiquais comme en offrant des roses,
demandes-la
pour nous à notre DIEU :
que
les enfants, les jeunes, les humbles et les blessés de la vie
trouvent
dans l’Eglise le geste simple qui construit et guérit.
Maintiens
en nous le brûlant désir de changer
tout
ce qui, en nous et par nous,
défigure
dans l’Eglise
le
vrai visage du Seigneur.
Amen

- Litanies
de Sainte Élisabeth de Hongrie

Seigneur
prend pitié
O Christ prend pitié
Seigneur prend pitié
Sainte Marie sainte Mère de Dieu
Notre Dame de Pitié
Notre Dame de la Paix
Saint Gabriel, Saint Michel et saint Raphaël
Saint Joseph
Saint Jean Baptiste
Saint Pierre et saint Paul
Saint Jacques et saint Jean
Tous les apôtres du Seigneur
Saint François d’Assise, époux de Dame pauvreté
Sainte Claire, disciple de saint François
Tous les saints compagnons de Saint François
Sainte
Elisabeth fleur de la Hongrie
Sainte
Elisabeth honneur de la Thuringe
Sainte Elisabeth, princesse européenne
Sainte Elisabeth, enfant choyée par ses parents
Sainte Elisabeth, fiancée à 4 ans
Sainte Elisabeth, séparée des ses parents à 4 ans
Sainte Elisabeth, petite princesse couverte de cadeaux
Sainte Elisabeth, bien accueillie par son fiancé
Sainte
Elisabeth, compagne de jeux de Louis
Sainte Elisabeth,
fiancée heureuse
Sainte
Elisabeth, orpheline de mère
Sainte
Elisabeth, incomprise par sa belle famille
Sainte
Elisabeth, enfant, amie du Seigneur
Sainte
Elisabeth, enfant attentive aux pauvres
Sainte
Elisabeth, enfant assidue à la prière
Sainte
Elisabeth, amoureuse de son fiancé
Sainte
Elisabeth, choisie par Louis
Sainte
Elisabeth, choisie par Dieu
Sainte
Elisabeth, généreuse envers les pauvres
Sainte
Elisabeth, soignant les malades
Sainte
Elisabeth, secours des mourants
Sainte
Elisabeth, apaisant les accouchées
Sainte
Elisabeth, attentives aux femmes enceintes
Sainte
Elisabeth, fondatrice d’hôpital
Sainte
Elisabeth, courant la campagne pour soigner les malades
Sainte
Elisabeth, courant la campagne pour secourir les pauvres
Sainte
Elisabeth, courant la campagne pour assister à la messe
Sainte
Elisabeth, priant la nuit
Sainte
Elisabeth priant le jour
Sainte
Elisabeth priant avec Louis
Sainte
Elisabeth, mère
Sainte
Elisabeth, maîtresse de maison attentive
Sainte
Elisabeth, princesse généreuse
Sainte
Elisabeth, princesse admirée
Sainte
Elisabeth, princesse aimée
Sainte
Elisabeth, princesse incomprise
Sainte
Elisabeth, épouse de Dame pauvreté
Sainte
Elisabeth, disciple de saint François
Sainte
Elisabeth séduite par l’idéal franciscain
Sainte
Elisabeth, sœur des pauvres
Sainte
Elisabeth, sœur des malades
Sainte
Elisabeth, sœur des accouchées
Sainte
Elisabeth mère des orphelins
Sainte
Elisabeth mère des pauvres
Sainte
Elisabeth, mère des ses sujets
Sainte
Elisabeth amie de ses servantes
Sainte
Elisabeth, amie des moines
Sainte
Elisabeth amie des prêtres
Sainte
Elisabeth, fille de Sarospatak
Sainte
Elisabeth, dame de la Warburg
Sainte
Elisabeth, habitante de Marburg
Sainte
Elisabeth, épouse de croisée
Sainte
Elisabeth épouse d’un soldat au loin
Sainte
Elisabeth attendant le retour de l’être aimé
Sainte
Elisabeth, éprouvée par la guerre
Sainte
Elisabeth, victime de la guerre
Sainte
Elisabeth, veuve
Sainte
Elisabeth, pleurant son époux
Sainte
Elisabeth, inconsolable
Sainte
Elisabeth priant pour son époux
Sainte
Elisabeth, subissant la vengeance
Sainte
Elisabeth, chassée de son château
Sainte
Elisabeth, pauvre parmi les pauvres
Sainte
Elisabeth mendiante
Sainte
Elisabeth priante
Sainte
Elisabeth repentante
Sainte
Elisabeth, ascète
Saint
Elisabeth, pénitente
Sainte
Elisabeth, solitaire
Sainte
Elisabeth offrant ses biens
Sainte
Elisabeth offrant son amour
Sainte
Elisabeth offrant sa vie
Sainte
Elisabeth anéantie par le chagrin
Sainte
Elisabeth anéantie par les privations
Sainte
Elisabeth anéantie par la maladie
Sainte
Elisabeth épouse du christ souffrant
Sainte
Elisabeth épouse du Christ calomnié
Sainte
Elisabeth épouse du Christ trahie par les siens
Sainte
Elisabeth, tante de sainte Elisabeth du Portugal
Sainte
Elisabeth, amie du Roi de France
Sainte
Elisabeth ancêtre de rois et reines d’Europe
Sainte
Elisabeth patronne des jeunes femmes allemandes
Sainte
Elisabeth, patronne du Tiers Ordre de Saint François
Sainte
Elisabeth patronne de la Hongrie et de la Colombie
Sainte
Elisabeth patronne de la paroisse
Sainte
Elisabeth, patronne de couvents
Sainte
Elisabeth, notre patronne
Sainte
Elisabeth de Portugal
Saint
Louis Roi de France
Bienheureuse
Isabelle de France
Tous
les saints franciscains
Tous
les saints de Hongrie
Tous
les saints d’Allemagne
Toutes
les saintes veuves
Toutes
les saintes secours des pauvres
Toutes
les saintes fondatrices d’hôpitaux
Tous
les saints d’Europe
Tous
les saints du Moyen Age
Tous
les saints et saintes de Dieu

- Chant à Sainte Élisabeth de Hongrie (adapté par
Chrisophe D'Alessandro, organiste de la paroisse)
1) Élisabeth douce
princesse,
Brûlant
de l’amour du Sauveur,
Abandonna
gloire et richesse
En
offrande à notre Seigneur.
2)
Ton amour constant et fidèle
Entend
le cri du malheureux.
Quand
tu réponds à son appel,
Ta
charité rend gloire à Dieu.
3)
Que le visage de Jésus,
Resplendisse
en notre prochain.
Si
nos frères semblent perdus,
Que
nous sachions tendre la main.
4)
Loin du monde et de ses promesses,
Tu
as préféré Jésus-Christ.
Que
l’Esprit Saint par ta faiblesse,
Révèle
sa force aujourd’hui.
5)
Par Notre Dame de Pitié,
Blessée
d’amour en cette vie,
Portant
son Fils humilié,
Tu
as gagné le paradis.
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